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Francesco FERRERO

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Publié le 29.01.2026

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L’IA au carrefour de la démocratie, de l’économie et de l’innovation

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Francesco Ferrero explores how AI is reshaping power, influencing public opinion, and challenging the very foundations of democracy.

L’intelligence artificielle redessine les équilibres du pouvoir, influence l’opinion publique et interroge le fonctionnement même de nos démocraties. Entre promesses de participation accrue et risques de captation par quelques acteurs privés, l’IA impose un choix politique majeur.

Une transformation sociétale qui appelle une responsabilité partagée

L’essor de l’intelligence artificielle s’inscrit dans une dynamique de progrès technologique rapide, dont les effets dépassent largement le champ de l’innovation. L’IA redéfinit les modalités de la décision publique, de la participation citoyenne et de la création de valeur économique. Les choix réalisés aujourd’hui façonneront la capacité de cette technologie à servir l’intérêt général, tout en respectant les principes fondamentaux des sociétés démocratiques.

À l’échelle internationale, les initiatives associant IA et démocratie émergent principalement de la société civile ainsi que des grandes entreprises technologiques. Ces dynamiques témoignent d’un foisonnement d’idées et d’expérimentations, particulièrement marqué aux États-Unis. En Europe, l’approche se distingue par une volonté affirmée de structurer ces usages dans un cadre de confiance, porté notamment par les institutions publiques, la recherche et les politiques communes.

Cette diversité d’acteurs et de modèles souligne l’importance d’une coordination équilibrée entre innovation privée, recherche publique et action publique. Loin d’être figée, l’évolution technologique ouvre des marges de manœuvre réelles pour orienter l’IA vers des usages démocratiquement souhaitables.

Protéger et faire progresser la démocratie à l’ère algorithmique

Une première orientation consiste à utiliser l’IA comme un outil de protection des institutions démocratiques. Les risques liés aux deepfakes, à la manipulation émotionnelle des contenus, à la polarisation des débats publics ou encore à l’impact sur la santé mentale sont désormais bien identifiés. Certains chercheurs évoquent la possibilité d’une hypnocratie, où l’amplification algorithmique des émotions influencerait durablement l’opinion publique.

Face à ces enjeux, les cadres juridiques et réglementaires européens jouent un rôle central. La promotion de la transparence algorithmique, de la traçabilité des systèmes et de mécanismes de régulation indépendants constitue un socle essentiel pour préserver la confiance des citoyens. L’IA peut ainsi devenir un outil au service de la résilience démocratique, en renforçant la fiabilité de l’information et la responsabilité des acteurs.

Parallèlement, une approche plus constructive explore le potentiel de l’IA pour améliorer la qualité de la décision publique. En soutenant la consultation citoyenne, en réduisant certains biais cognitifs ou en améliorant l’efficience administrative, l’IA peut contribuer à une démocratie plus inclusive.

Vers une gouvernance de l’IA centrée sur l’humain: l’approche du LIST

Face à la diversité des modèles émergents, le LIST défend une vision fondée sur une IA frugale, transparente et centrée sur l’humain. Elle s’inscrit pleinement dans les valeurs européennes de responsabilité, d’inclusion et de souveraineté numérique.

Francesco Ferrero, Responsable de l'unité de recherche Human Centered AI, Data and Software (HANDS) et Leader de l'initiative sur l'Intelligence Artificielle au LIST, indique:

Le LIST a développé une AI Sandbox permettant aux entreprises et aux organisations publiques de tester leurs systèmes d’IA en conditions réelles, en évaluant leur robustesse technique, leur conformité réglementaire et leur comportement éthique.

Ces évaluations couvrent notamment la détection des biais, l’analyse des hallucinations, la robustesse face aux tentatives malveillantes de contournement des mesures de sécurité et l’inclusivité linguistique. En collaboration avec des partenaires comme la Banque Internationale à Luxembourg (Bil) ou le Centre des Technologies de l’Information de l’État (CTIE), ces travaux visent à garantir des solutions fiables, équitables et supervisées par l’humain.

La démocratisation de l’accès à l’IA constitue un autre axe stratégique. Grâce à des plateformes low – et no-code comme BESSER, le LIST permet à des utilisateurs non techniques de concevoir des applications d’IA, facilitant l’innovation au sein des PME et des startups.

Enfin, le LIST est partenaire fondateur de la Luxembourg AI Factory, aux côtés de LuxProvide, Luxinnovation, l’Université du Luxembourg et le SnT, LNDS ainsi que d’autres acteurs clés. Cofinancée par la Commission européenne et le gouvernement luxembourgeois, cette initiative accompagne les entreprises tout au long de leur parcours IA, de l’idéation au déploiement, en combinant expertise scientifique, services intégrés et programmes de formation.

Dans l’écosystème de l’innovation en Grande Région, le LIST occupe une position singulière: celle de connecter disciplines, secteurs et niveaux de maturité technologique. Cette approche transversale unique transforme la recherche en impact concret, renforçant la confiance dans l’IA, la compétitivité des entreprises et le bénéfice pour la société. Dans le débat sur l’IA et la démocratie, ce modèle est un levier essentiel pour concilier innovation et valeurs démocratiques.

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